le Nouveau Cinéma

On reprend les mêmes et on recommence

Dans le temps, nos cinéastes allaient planter leurs caméras en ras de campagne tels des navets pour tourner des films qu’ils voulaient reflet et transposition d’un Maroc qu’ils voulaient vrai et profond. Certains allaient jusqu’à s’improviser hommes-orchestres, assurant outre la réalisation, leur « raison sociale » première, le montage, le scénario ….ils étaient doublement handicapés : financièrement et techniquement et pour cela, ils travaillaient en pionniers, en déchiffreurs et gagnèrent de ce fait même notre sympathie et notre indulgence. Pour certains d’entre eux, parce que formés à la polonaise, donnaient le primat au montage et se permettaient d’agrémenter leurs scenarii de blagues polonaises, telle cette scène où un fonctionnaire disait à son ami : l’Etait fait semblant de nous payer et nous, nous faisons semblant de travailler et il y en a d’autres qui feront l’objet d’un post à part… Que l’humour polonais, à teneur politique, eût été transposables aux réalités marocaines de l’époque, cela ne dérangeait personne, les années de plomb faisaient du Maroc d’alors une grande prison à ciel ouvert et les écrivains, les cinéastes … recouraient aux archétypes consacrés en la matière pour dire les malaises du Maroc postcolonial.
Mais depuis un certain temps, on constate un regain d’intérêt pour ce genre de cinéma, quand bien même la donne politique a changé du tout au tout. Nos cinéastes ont l’air d’y avoir rejeté leur dévolu presque au détriment des autres genres. Mus non pas par un quelconque devoir de mémoire ou de deuil mais, malheureusement, par les mêmes raisons précités : financières et techniques. Un film de cette facture ne demandant pas grand-chose : quelques cellules et des barreaux …
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