TRADUTTORE, TRADITORE !
DES LIVRES ET DES FILMS
On dit Dostoïevski barbant dans le texte et qu’il est plus agréable à lire dans toute autre langue qu’en russe. Parce que ses traductions sont, dans son cas, épurées des « itérations » et des digressions. Bien entendu, cela n’ôte absolument rien à son génie. Mais voilà : d’autre écrivains ne peuvent pas prêter le flanc à ce genre de charcutage. Récemment le prix Nobel Paulo Coelho a déclaré, à Marrakech, qu’il a été désagréablement surpris de voir son roman « L’Alchimiste » traduit, illégalement par une maison d’édition égyptienne, avec des dizaines de pages en plus du « corpus » initial !!! Il faut dire que d’autres, bien avant, lui avaient fait les frais de cette « pharaonade » et le seul qui en fait état jusqu’ici, à ma connaissance, est Tahar Ben Jelloun ()

Aussi est-il à signaler dans le même esprit ces films américains qu’on passe sur certaines télévisions arabes qui vont jusqu’à y pratiquer des coupes sombres. Le temps initial du film s’en trouve abrégé à hauteur d’un tiers qu’une fois vu « dans sa version originale » l’on continue à trouver au film certaines zones d’ombre… en un mot, aux livres on rajoute et aux films on ampute.
